Cantal'oches

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Vous la préférez avec ou sans cornes?

Classé dans : Non classé — 8 février, 2013 @ 11:24

Le polled, vous connaissez? Non? C’est pas grave. Cantal’oches en ignorait, lui aussi, l’existence, jusqu’à ce qu’une estimée consœur réalise, dans l’Union du Cantal,  un reportage sur des taureaux salers nés naturellement sans cornes, grâce, justement, à ce gêne « polled ».

Et là, scandale!  Vous imaginez, vous, un pain sans farine, un curé sans coucougnettes, une bigote sans missel, Nicolas sans Carla, François sans Valérie? Non? Alors, pensez-donc, des salers sans cornes, pas question ! D’un  point de vue affectif et patrimonial, la  « dénaturation » d’une race emblématique, voire identitaire, ne laisse personne insensible, c’est vrai. Mais, sur le plan commercial, hélas, inutile de faire de  la résistance. Voici pourquoi, en 4 questions.

1. _  La salers sans cornes, c’est nouveau, et ça vient de sortir? Pas du tout. Avec le pragmatisme qui les caractérise, les anglo-saxons ont lancé le mouvement, en opérant des croisements avec l’angus, une race qui présente de fortes similitudes avec la salers, en termes de rusticité et de qualité gustative, mais possède l’avantage de ne plus être « cornue ». Et, à défaut de croisement, les Irlandais ne bricolent pas. Comme le souligne un éleveur cité par notre consoeur, ils coupent systématiquement les cornes des animaux venus de France.

En France, on utilise différentes techniques d’écornage. La plus radicale consiste à sectionner les cornes d’animaux de deux ans au plus. Les écornages chimique et thermique se pratiquent, eux, sur des veaux de moins d’un mois. Dans le premier cas, on applique une pâte à base de soude. Dans l’autre, on brûle le cornillon avec des appareils fonctionnant au gaz ou à l’électricité, avec ou sans fil s’il vous plait. Evidemment, quel que soit le procédé utilisé, on bloque la bestiole dans une cage de contention, pour l’empêcher de gigoter.

Avec des appareils à gaz, il faut jouer fin car, à trop faire durer le plaisir, si l’on peut dire, on risque de provoquer des lésions cérébrales.

En termes de bien-être animal, tout ça, ce n’est pas le Pérou, avouez-le.
2 _ Qu’est-ce qu’elles ont mes cornes? Elles étaient jadis fort utiles pour accrocher le joug. Mais, avec le remplacement de la traction animale par le tracteur, elles ont perdu tout intérêt fonctionnel, en conservant leur  dangerosité. Car, faut-il le rappeler, les attributs subcrâniens d’un bovin ne sont pas en  carton-pâte. La matière qui en fournit la substance est réputée pour sa duretéet leur bout peut être perçant, très perçant même.

Le remplacement des systèmes « à l’attache » par les stabulations libres a représenté un progrès, en matière de bien-être animal, comme de productivité. Mais il a égalementaccru les risques d’accidents entre vaches. Des risques d’autant plus élevés que les cornes sont plus développées. Or, nonobstant ses répercussions commerciales, le spectacle d’une bête éventrée par une autre n’est pas des plus ragoûtants.

Et puis, n’oublions pas que, de sa naissance à son passage à l’abattoir, la vache est fréquemment manipulée par  des hommes qui ne sont ni des têtes brûlées, ni des masos. Qu’ils soient éleveurs ou marchands de bestiaux, aucun des acteurs de la chaîne n’envisage avec un plaisir particulier l’éventualité de se faire percer la panse, ou crever  un œil,  par une vache qui aurait pété un plomb.
3. _ Les salers sans cornes, c’est inéluctable? D’un point de vue commercial, oui. Lorsque les problèmes de sélection génétique auront été résolus, la bête sans cornes remplacera progressivement l’animal cornu, comme la voiture a supplanté la diligence et le tracteur la paire de bœufs. 

Parce que, pour être belles, elles sont belles, nos salers. Aucune autre bestiole ne leur arrive à la cheville, lorsqu’il s’agit d’orner les cartes postales ou les affiches du Salon de l’Agriculture.

Seulement voilà, ni les paysans qui les font naître ou les engraissent,  ni les marchands de bestiaux qui les vendent ne cherchent à faire bader les touristes. Ils travaillent pour gagner leur croûte. Et, de ce point de vue-là, l’existence de cornes, surtout très développées, deviendra de plus en plus pénalisante.

4. _ La vraie salers, c’est fini? Pas forcément. Si on persiste à occulter les contraintes économiques, l’authentique salers rejoindra la cauchoise, la cotentine, la percheronne, la mézine ou la marchoise au Panthéon des races disparues. Mieux vaut donc regarder la réalité en face, pour préserver l’essentiel.

Mais le maintien d’un rameau de salers avec cornes,suffisamment étoffé pour éviter la consanguinité, ne sera possible qu’à deux conditions : accorder des compensations financières aux éleveurs qui acceptent de sacrifier la rentabilité à ’authenticité, et développer des techniques de protection efficaces.

Michel d’Étampes.[

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