Cantal'oches

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Une (jeune) femme de caractère

Classé dans : Non classé — 3 octobre, 2015 @ 10:32

Quand elle s’est présentée au municipales de 2014  à Coren, Patricia Rochès redoutait de prendre une veste pour deux raisons au moins: elle avait refusé la création d’un stade de foot et l’extension de la zone d’activités communautaire (qu’elle approuvait) avait provoqué un certain mécontentement, parmi les agriculteurs. En fait, elle a raflé sept sièges sur onze dès le premier tour, ce qui lui a valu de devenir maire de sa commune natale, 33 ans après son père, qui avait exercé la même fonction de 1971 à 1989.

Quant elle s’est présentée aux sénatoriales, elle a mis toute son énergie dans la bataille, comme pour gagner. Avec 54 voix au premier tour, elle était loin des postulants à la victoire, mais son score n’avait rien de dérisoire, bien au contraire. Certains de ses partisans lui ont conseillé de se désister, « pour préserver son avenir politique ». C’était hors de question. Électrice en 2008, elle avait assisté aux manoeuvres qui avaient précédé l’ épilogue du second tour.

Parce qu’elle n’en a pas gardé un bon souvenir, elle ne voulait surtout pas entrer dans ce type de combine.   » Je me suis maintenue  pour montrer que l’on peut faire de la politique autrement, sans instrumentaliser ou être instrumentalisé. Je me suis maintenue, pour montrer que l’on a le droit d’être libre et le devoir d’user de sa liberté », explique-t-elle un mois après le scrutin. 

Elle a donc pris le départ de la seconde manche, et récolté six voix supplémentaires. Insuffisant pour être élue et même participer à l’emballage final mais qu’ importe,  puisque Patricia Rochès a largement de quoi s’occuper. Après avoir communalisé deux éoliennes situé sur des biens de section et récolté, au passage, 40.000 € par an, Madame le maire de Coren veut doter son école d’un équipement numérique, raccorder une vingtaine de maisons au réseau d’assainissement collectif (ce qui coûtera bonbon), créer des logements dans l’ancien presbytère, conduire la rénovation du bourg, dont les derniers aménagements datent des années soixante-dix etc.

La vice-présidente du Pays de Saint-Flour – Margeride chargée de la culture entend faire vivre de le Centre d’enseignement et de diffusion artistique (CEDA), indispensable à ses yeux pour accueillir de jeunes couples avec enfants.

La créatrice  de « La Vache qui lit », enfin, n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. La maison d’édition n’aurait peut-être jamais vu le jour, si Patricia Rochès, qui parle couramment la langue de Goethe, n’avait été mandatée pour guider à Garabit une équipe de la chaîne allemande ZDF, venue filmer l’un des quatre ou cinq ouvrages d’art les plus remarquables au monde. « A ce moment-là, confie-t-elle, j’ai compris que nous possédions un patrimoine dont nous ignorions la richesse ». Un premier livre sur la viaduc, destiné aux adultes, a suivi. Puis un autre, écrit, celui-là, pour les enfants. Dans la foulée, « La vache qui lit » a retracé l’épopée des frères Michelin, fondateurs de la célèbre manufacture, l’histoire du viaduc de Millau (en collaboration avec Eiffage), celle de la lentille blonde de la Planèze etc.

La maison d’édition est une affaire qui marche et continue à marcher. Sa fondatrice n’en est pas moins résolue à défendre une autre conception de la politique et de la façon de gérer les collectivités. Elle persistera à combattre le cumul des mandats locaux car, à ses yeux, « la concentration entre deux mains de tous les pouvoirs constitue un danger pour la démocratie ». Les élus ne devraient pas davantage « s’installer dans leurs fonctions, mais donner le meilleur d’eux mêmes en sachant qu’ils ne sont pas là pour l’éternité », d’où la nécessité de ne pas aller au delà de deux mandats consécutifs. 

Plus globalement, Patricia Rochès est persuadée que le Cantal « est prêt à accueillir un autre discours et d’autre manières de travailler ».   »Des écoles, des services publics vont encore fermer, la population va continuer à baisser. C’est dramatique, mais non inéluctable si nous sommes capables de proposer, tous ensemble, des solutions audacieuses susceptibles de faire du Cantal un département pilote », affirme Patricia Rochès, qui a fait sienne cette devise: « Ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour ton pays ».

 

Si le cantal m’était comté…

Classé dans : Non classé — 19 septembre, 2015 @ 11:57

On comptait sur un cahier des charges renouvelé, sur des campagnes promotionnelles, pour tirer vers le haut la valorisation du fromage cantal, élargir sa part de marché… et améliorer le revenu des producteurs de lait engagés dans la démarche AOP (appellation d’origine protégée). Or, si l’on en juge par les difficultés des éleveurs, qui peinent à joindre les deux bouts, quand ils ne vendent pas à perte, aucun de ces objectifs n’a été atteint, en dépit des efforts engagés par l’inter profession.

Pire encore: la suppression des quotas, qui permettaient de soutenir artificiellement les prix, en ajustant l’offre à la demande, a considérablement aggravé la situation et tout porte à craindre qu’il ne s’agisse pas d’une simple crise conjoncturelle.

Faut-il en appeler à un soutien plus appuyé des pouvoirs publics? Peut-on raisonnablement escompter un retour à une gestion administrée de la production ou bien l’Union européenne a-t-telle définitivement mis le cap sur une politique libérale?

Le développement de la production à la ferme, le renforcement des circuits courts de commercialisation constituent-ils des hypothèses réalistes?

Ou bien faudrait-t-il s’orienter vers un nouveau durcissement du cahier des charges, qui réserverait, par exemple, au lait cru (ni thermisé, ni pasteurisé) le droit d’être transformé en fromage AOP?

Faute de réunir les compétences nécessaires pour répondre à ces questions, nous nous contentons d’alimenter la réflexion, en versant au dossier la contribution d’un ancien professionnel. Michel Verniole, a  comparé l’évolution respective de deux AOP fromagères: l’une jurassienne, le comté,l’autre auvergnate, le cantal. Il en conclut à la nécessité de développer une autre stratégie.

Voici ce document tel que nous l’a adressé son auteur;  

 

                                  AOP = respect

                                                           du consommateur,

                                                                       du terroir,

                                                                                  des traditions,

                                                                                              du produit.

La  logique développée par les grands groupes laitiers coopératifs ou industriels qui affirme qu’il faut produire plus pour gagner plus est recevable pour les pays et régions à fort potentiel comme l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark et même le Commonwealth… La proximité des ports maritimes par où transitent  des millions de tonnes de soja ou maïs transgéniques importés permet d’alimenter de vraies usines à lait et la production massive de lait en poudre, beurre, fromages pasteurisés, yaourts, fromages frais pasteurisés, lait de consommation UHT etc.

Les régions à fort potentiel céréalier peuvent tirer leur épingle du jeu en pratiquant aussi l’élevage de vaches laitières (VL) en hors sol.

Par contre, la moyenne montagne ne disposant pas de ces atouts doit choisir une autre voie moins productiviste pour tirer profit du potentiel herbagé, de ses grands espaces. La tradition  fromagère liée au terroir doit être privilégiée et encouragée. Le consommateur, s’il est confiant en la qualité AOP du fromage proposé, accompagne celui-ci et permet une progression du tonnage ainsi que du prix.

Il est à noter aussi que la fin des quotas laitiers aura un effet amplificateur, les pays et les régions à haut potentiel se trouveront en situation d’imposer un prix du lait très compétitif et toujours plus bas.

Pour retrouver la confiance du consommateur dans le fromage Cantal AOP, il est indispensable de jouer sur 3 leviers, les seuls à la hauteur de l’enjeu et aujourd’hui absents du Cahier des charges.

1/ Privilégier les races de VL fromagères (Montbéliardes, Salers, Simmental…) puis les rendre obligatoires. Limite à 5000 litres VL –an, 1 VL –ha, 50 U d’azote-ha.

2/ Abandonner l’ensilage qui peut être source de multiples contaminations (microbes anaérobies stricts ou facultatifs : butyriques, salmonelles, listeria…) qui génèrent mauvais goûts, mauvaises odeurs et risques sanitaires. Si l’ensilage n’est pas fatalement contaminé, il existe un facteur risque beaucoup plus présent que dans le foin à 85% d’ES.

 

3/ Uniquement si les 2 premiers critères sont mis en œuvre et sous condition de ramassage journalier, on peut envisager de fabriquer le fromage Cantal avec du lait cru, seul vrai garant du lien au terroir. L’ensemencement massif en ferments lactiques industriels du lait pasteurisé ne vaudra jamais la flore naturelle de nos montagnes. Le consommateur de fromages AOP a cette conviction qui conditionne ses achats.

 

Deux stratégies AOP différentes :

                   Zone Comté AOC                      Zone Cantal AOC
Région de moyenne montagne Région de moyenne montagne
AOC Comté 1958 AOC Cantal 1956
Production Comté de 1980 à 2011 : de36000 à 56000 tonnes, +55% Production AOC Cantal de 1980 à 2011 : de 18000 à 14000 tonnes, -22%
En 2011 : nombre de producteurs AOP : 3000 En 2011 : nombre de producteurs AOP : 1474
Nombre de coopératives : 165 Nombre de coopératives : 6 Nombre d’industriels : 7  (*)
Maximum de lait traité par coopérative : 25000 litres-jour, lait cru obligatoire Pas de limite de quantité de lait traité par unité : essentiellement lait pasteurisé
Prix moyen du litre de lait payé aux producteurs : 460 € pour 1 000 litres Prix moyen du litre de lait payé aux producteurs : 340 € pour 1 000 litres
Quantité moyenne de lait par producteur : 205 000 litres Quantité moyenne de lait par producteur : 94 900 litres
L’évolution de la progression des ventes et des prix AOP Comté suit la confiance du consommateur de fromages AOP Prix payé aux producteurs cantaliens AOP équivalent à 2 autres départements auvergnats (Haute-Loire et Allier) ne disposant pas d’AOP : écart 0,02 €

                                                                                      Chiffres issus d’AGRESTE, CIF Cantal et CIGC Comté

(*) Dans la zone Cantal, fermetures massives des coopératives de villages dans les années 1970 / 1990.

                                                                       

 

 PS : depuis 2013 température de conservation du lait à la ferme supérieure à 12°C (cahier des charges) .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Deux stratégies AOP différentes

Franche-Comté Région de moyenne montagne

AOC Comté 1958

Production AOP Comté de 1980 à 2011 : 36000 tonnes à 56000 tonnes

+55%

Nombre de producteurs AOP : 3000

Nombre de coopératives : 165

Maximum de lait traité par coopérative : 25000 litres- jour

Prix moyen 2011 du litre de lait payé aux producteurs : 460€ pour 1000 litres

Quantité moyenne de lait par producteur : 205000 litres

L’évolution de la progression des ventes et des prix AOP Comté suit la confiance du consommateur (graphique).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone Cantal AOC

Région de moyenne montagne

AOC Cantal 1956

AOP Cantal de 1980 à 2011 : 18000 tonnes à 14000 tonnes

-22%

Nombre de producteurs AOP : 1474

Nombre de coopératives : 6 plus 7 privés

Pas de limite de quantité de lait traité par unité

Prix moyen 2011 du litre de lait payé aux producteurs : 340€ pour 1000 litres

Quantité moyenne de lait par producteur : 94900 litres

Prix payé aux producteurs cantaliens AOP pratiquement le même que dans 2 autres départements auvergnats (Haute-Loire et Allier) ne disposant pas d’AOP : écart de 0,020€

 

 

 

 

 

 

 

Attention aux radars mobiles!

Classé dans : Non classé — 17 septembre, 2015 @ 9:34

Voici une information intéressante que Canta’loches diffuse, à l’état brut, avant de la commenter dans une prochaine livraison.

Tous les départements sont désormais équipés d’au moins une voiture avec radar mobile nouvelle génération qui flashe en roulant et même à  contresens.

 Pour chaque département, vous avez la photo et la plaque d’immatriculation de toutes les voitures ainsi que leur unité d’affectation.

    
> > > >     Il suffit de cliquer sur le département et la liste des voitures équipées avec les radars mobiles s’affiche.

Très utile car c’est la liste de TOUS les radars mobiles nouvelle génération de France.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour accès direct au site; vous y trouverez votre département.

 

http://www.radarmobilenouvellegeneration.com/recensement.php
> > > >
> > > >                   Tableau des tolérances des radars utilisés en mouvement

 Vitesse limite Tolérance  PV à partir de
> > > >   (Vitesse mesurée)
Vitesse retenue Vitesse maxi
> > > >  voiture radar
50 km/h 10 km/h 61 km/h 51 km/h 41 km/h
60 km/h 10 km/h 71 km/h 61 km/h 51 km/h
70 km/h 10 km/h 81 km/h 71 km/h 61 km/h
80 km/h 10 km/h 91 km/h 81 km/h 71 km/h
90 km/h 11 km/h 102 km/h 91 km/h 81 km/h
100 km/h 12 km/h 113 km/h 101 km/h 93 km/h
110 km/h 13 km/h 124 km/h 111 km/h 104 km/h
120 km/h 14 km/h 135 km/h 121 km/h 115 km/h
130 km/h 15 km/h 146 km/h 131 km/h 126 km/h

 

Pour pouvoir verbaliser sur une route à 90km/h, ils rouleront au maximum à 81 km/h…

On  arrivera derrière tranquillement à 90, mais pour les doubler on dépassera les 102 et ils nous flasheront !!

 

On ne garde pas cela pour soi, on en fait profiter les copains !!!

 

Sénatoriale: un coup à deux bandes

Classé dans : Non classé — 10 septembre, 2015 @ 12:50

Jamais, sans doute, un parti de gauche n’était intervenu aussi ouvertement et ès qualité, dans un duel à droite. Jamais, sans doute, une sénatoriale n’avait été utilisée pour affaiblir un président du Conseil départemental reconduit dans ses fonctions avec une majorité confortée, en mars dernier, plus encore que pour faire gagner un candidat et battre l’autre. Et la mouvance socialiste a massivement adhéré à cette stratégie, puisque Bernard Delcros a récolté, au second tour, l’immense majorité des voix recueillies, au premier, par le candidat du PS, Gérard Salat (94 sur 106).

A ce triple titre, le scrutin du 6 septembre constitue un cas d’espèce. Mais, si son ampleur et  ses dégâts collatéraux  - réels ou supposés – méritent de faire date, le mécanisme n’est, en soi, pas nouveau.

En 1998, déjà, ce sont les voix de gauche qui avaient permis au centriste Pierre Jarlier de battre Roger Rigaudière, sénateur sortant. Au départ, on ne  donnait pourtant pas cher de la peau du relativement jeune Jarlier ( 44 ans), peu connu à l’Ouest des Monts du Cantal et mis en examen dans une affaire de corne-cul,  qui allait d’ailleurs lui valoir de bénéficier d’une relaxe.

En 2008, le balancier changeait de côté:  le radical de gauche Jacques Mézard l’ emportait au second tour grâce à une partie des suffrages qui s’étaient portés sur Pierre Jarlier, élu dès le premier tour. Et rien ne prouve que le sénateur fraîchement réélu  ait été étranger à ce transfert, facilité par plusieurs facteurs: plus radical que de gauche, Jacques Mézard n’était pas à même d’effrayer les grands électeurs de droite. De surcroît, sa qualité de président de l’intercommunalité la plus peuplée du Cantal lui avait offert, d’emblée, un confortable réservoir de voix.

Plus singulier encore, en cette même année 2008: bien qu’investi par la majorité départementale et malgré le soutien de ce que d’aucuns appelaient  » réseau UMP », réputé influent dans le Cantal, Louis Jacques Liandier avait franchi le premier col avec une poignée de voix d’avance sur l’ancien député Yves Coussain. Lequel se présentait sans le moindre soutien… au point d’avoir rédigé de sa propre main l’enveloppe des courriers adressés aux grand électeurs. Au second tour, les stratèges de droite avaient demandé à Louis-Jacques Liandier de céder sa place à Yves Coussain, jugé moins clivant… ou plus rassembleur. Mais le tour de passe – passe avait fait long feu.

La défaite d’un candidat investi par la majorité départementale est donc loin de constituer une nouveauté. La pluralité des candidatures à droite non plus. Avant les précédents de 1998 et 2008, il y eut celui de 1980, où le député d’Aurillac – Mauriac, Augustin Chauvet et le maire de Saint-Flour, Jean-Julhes, s’étaient inclinés devant Paul Robert et Paul Malassagne, simples conseillers généraux de Laroquebrou et Massiac. 

Cette victoire, MM. Robert et Malassagne le devaient, certes à leurs qualités propres, mais aussi au soutien particulièrement actif du député – président du Conseil général, Pierre Raynal, qui devait, par la suite, jouer un rôle décisif dans le succès du regretté Roger Rigaudière. 

Ni Roger Besse, qui a succédé au Dr Raynal, ni Vincent Descoeur, n’ont été en mesure d’exercer pareille emprise sur une majorité de grands électeurs. En raison de leur personnalité, nettement moins autoritaire, ou plutôt parce que les élus ont cessé d’être des godillots? De surcroît, si les rivalités personnelles ont – hélas – continué à croire et prospérer, le clivage gauche – droite s’est, lui,  sensiblement atténué, au fil des ans. Les passerelles entre l’un et l’autre camp s’en sont trouvées confortées… et les prévisions sont devenues encore plus aléatoires. 

Michel d’ Étampes

Rappel des résultats 

  Premier tour Second tour Différences
Bruno Faure 153 voix (28,98%) 175 (38,5%) + 12 (+4.87%)
Bernard Delcros 180 voix (34, 09%) 274 (53%, élu) +94 (+18,91%)
Gérard Salat 108 voix (20, 45%)    
Patricia Rochès 52 voix (9,85%) 60 (11,61%) + 8 (+1,76%)

 

Au revoir Alain, on t’aimait bien

Classé dans : Non classé — 7 septembre, 2015 @ 8:04

Il évoluait à mille lieues de la galaxie politique et pourtant, devant la préfecture, où se déroulait la sénatoriale partielle, on ne parlait que de ça, dimanche matin. Du décès subit d’Alain Morzières, retrouvé sans vie dans un hôtel de Dijon, où devait se produire l’équipe féminine du FCAA (Football Club Aurillac Arpajon), dont il était l’entraîneur.

Alain Morzières avait, précédemment, coaché la réserve de l’AFCA devenue FC2A, un poste délicat entre tous puisqu’il fallait se défaire d’éléments clefs, pour pallier aux besoins de l’équipe fanion et les remplacer par des U19, qui n’avaient jamais « goûté » aux rudesses de la division d’ Honneur Auvergne. 

Contre mauvaise fortune, Alain faisait toujours bon cœur et composait avec les moyens du bord, ce qui ne l’empêchait pas de décrocher, au final, un classement flatteur. Sa réussite, il la devait naturellement à ses compétences techniques (consacrées par la brillante obtention du diplôme d’entraîneur fédéral ), mais aussi à ses qualités de fin psychologue. Il possédait l’art d’osciller, à bon escient, entre clémence et sévérité. Clémence lorsque son équipe avait tout donné dans un contexte difficile, et sévérité lorsque la formation qu’il entraînait avait soit omis de mouiller le maillot, soit pêché par manque d’esprit collectif.

Mais, dans un cas comme dans l’autre, Alain Morzières s’exprimait avec mesure, car son tempérament le portait à la modération. Il savait se faire respecter, obéir même, sans pousser des coups de gueule et il se gardait bien de tirer des conclusions trop flatteuses d’une série positive, comme de jeter le manche après la cognée, lorsque les résultats se faisaient attendre.

Ses avis étaient rarement contredits, et pour cause: ils puisaient leur source dans un examen minutieux des vidéos qu’Alain Morzières autopsiait avec   la plus grande attention. En regard de ses qualités humaines et techniques, d’aucuns l’avaient imaginé succédant à Nicolas Le Bellec, à la tête de l’équipe fanion du FC2A.

Les dirigeants en avaient décidé autrement et lui avaient confié les destinées de l’équipe féminine, qui opère en seconde division nationale. Alain Morzières avait positivement vécu ce choix et s’était embarqué sans la moindre arrière pensée dans une nouvelle aventure à plusieurs inconnues.

L’apologie de ses qualités d’entraîneur ne sauraient dissimuler l’essentiel: Alain Morzières était avant tout un type bien. C’est d’abord à ce titre que nous pleurons aujourd’hui sa brutale disparition. 

Y’a plus d’ amis, suite

Classé dans : Non classé — 31 août, 2015 @ 11:10

A chacun sa part de vérité

 

A la suite de la parution du blog intitulé « duel fratricide à droite », Pierre Jarlier a souhaité apporter des précisions que nous publions bien volontiers :

« Je ne suis absolument pas à l’origine de l’hypothèse de la candidature de Michel Seyt et encore moins de son désistement, contrairement à ce que certains laissent croire.

 « Pour ma part, je m’étais préparé à quitter le Sénat depuis plusieurs mois à la suite du rejet de mes comptes de campagnes en mars (compte tenu de l’avance par paiment direct par CB personnelle de certains frais).

« En effet à la lecture de la jurisprudence constitutionnelle, cette erreur purement administrative impliquait dans de nombreux cas une invalidaton de l’élection assortie de l’impossibilité de se présenter.

« Quelques jours après la décision du Conseil constitutionnel, de très nombreux élus m’ont fait part de leur soutien et de leur volonté de me voir revenir au Sénat le plus rapidement possible.

« Mon premier adjoint, qui était lui-même très touché par cette situation, s’est proposé de se présenter et d’assurer un intérim pour me permettre de revenir devant les grands électeurs.

« Sous réserve d’un consensus qui me semblait indispensable en pareil cas, j’y ai naturellement adhéré car, à la suite de cette épreuve, la perspective d’un retour possible au Sénat était évidement d’un certain réconfort moral.

« Au cours des quelques jours qui ont suivi, j’ai constaté que ce consensus relevait de l’utopie. Souhaitant clarifier ma position avant le démarrage de la campagne, j’ai décidé de me retirer de cette option en adressant une lettre à tous les élus cantaliens dès le 21 Juillet.

« C’est après l’annonce du soutien du président du Conseil général à un autre candidat que j’ai annoncé à mon tour, en toute clarté, mon soutien à Bernard Delcros qui a été un suppléant actif, compétent et loyal pendant 6 années à mes cotés.
La polémique actuelle place le débat politique cantalien à un niveau bien éloigné des véritables enjeux de cette élection…
« Notre département a plus que jamais besoin du rassemblement de ses forces vives pour surmonter ses difficultés et s’adapter à l’évolution de nos institutions.
« Pour ma part je garde au moins la satisfaction d’avoir travaillé avec tous les élus dans un esprit constructif durant ces années passées au Sénat et celle d’avoir été réelu dès le premier tour du scrutin en septembre dernier, avec la confiance renouvelée d’une majorité de grands électeurs cantaliens ».

 

 

 

Y’a plus d’amis (2)

Classé dans : Non classé — 29 août, 2015 @ 10:25

2 – Faute de consensus, duel fratricide à droite

Tout commence par une broutille. Le candidat Pierre Jarlier, sénateur sortant, paie de sa poche des frais de bouche, qui lui seront remboursés avant d’être portés sur ses comptes de campagne. Pour vous et moi, il n’ a pas de quoi fouetter un chat, puisque Pierre Jarlier a été réélu le plus régulièrement du monde, le 28 septembre 2014, sans avoir détourné un centime.

Mais, au regard de la loi, une infraction a été commise. Les repas devaient être réglés directement par le mandataire du candidat. Le sénateur Pierre Jarlier comparaît donc devant le Conseil constitutionnel, qui le déchoit de son mandat et le déclare inéligible pour un an. Un nouveau scrutin sera organisé , le 6 septembre 2015, pour désigner son ou sa remplaçant (e).

Qu’à cela ne tienne. Il suffit d’en appeler à un ou une candidat (e) de complaisance, qui démissionnera douze mois plus tard et le titulaire initial, qui aura purgé sa peine, retournera devant le corps électoral pour récupérer son bien. Mais le scénario fait long feu car, selon toute probabilité, les grands électeurs n’avaleraient pas la couleuvre.

Dans les starting-blocks

Michel Seyt, premier adjoint de Pierre Jarlier à la mairie de Saint-Flour, accepte donc de s’y coller. Mais sous réserve que sa candidature fasse consensus au sein de la majorité départementale. C’est compter sans l’irruption, dans l’arène, d’un troisième larron: Bernard Delcros, suppléant de Pierre Jarlier de 2008 à 2014, maire de Chalinargues, conseiller de Murat, vice-président du Conseil départemental, n’entend pas laisser passer sa chance et se lance dans la bataille.

Parcours complexe que celui de Bernard Delcros, qui se serait calé da,s les strarting-blocks avant même que le couperet du Conseil constitutionnel ne fût tombé. Bien que « de gauche », il s’est, de longue date, rallié à la majorité départementale (de droite) « par souci d’efficacité ».

Réélu, les doigts dans le nez, conseiller départemental du canton de Murat, sous l’étiquette DCI (Droite, centre et indépendants), qui fédère les partisans du président sortant, Vincent Descoeur, il n’en aurait pas moins arpenté le canton le canton de Riom-ès-Montagnes, aux fins d’apporter son soutien à Valérie Cabecas et Charles Rodde, deux « sans étiquette »  opposés au conseiller sortant (DCI) Jean Mage. 

Mais, surtout, Bernard Delcros est soupçonné d’avoir voulu devenir calife à la place du calife, à la faveur du redécoupage cantonal… et avec l’aide de ses collègues de gauche. Hélas pour lui, heureusement pour d’autres, le corps électoral en a décidé autrement. Le PS et ses alliés perdent trois conseillers sortants, Charly Delamaide (Aurillac2), Florence Marty (Aurillac 1) et Jacques Markarian (Naucelles). Ils échouent également dans leur tentative de conquérir Maurs. La majorité départementale et son leader,

Vincent Descoeuret sa majorité, sortent donc renforcés des scrutins des 22 et 29 mars 2015. Ils le sont plus encore après le ralliement des deux tandems « sans étiquette », tombeurs de Jean Mage et Madeleine Beaumgartner,  Céline Charriaud – Jean-Jacques Monloubou (Neuvéglise)  et Valérie Cabecas – Charles Rodde (Riom-ès-Montagnes).

A première vue, Bernard Delcros sort indemne des péripéties préélectorales, puisqu’il demeure vice-président en charge, notamment, des collèges. Mais en apparence seulement. Car, de façon moins visible, le maire de Chalinargues écope d’une double peine: il perd deux de ses attributs antérieurs, la présidence de Logisens et celle du Grand Site Puy Mary.

Bernard Delcros n’en poursuit pas moins sa route vers le Sénat. C’en est donc fini du consensus souhaité par Michel Seyt, dont la candidature tombe à l’eau.   

« Un élu loyal »

Pierre Jarlier n’a, alors, d’autre choix que de remballer son plan B. Le 8 août, dans une interview à « La Montagne », le sénateur déchu fait son deuil de la Haute Assemblée, annonce son intention de se consacrer pleinement à ses mandats locaux… en même temps que son soutien à Bernard Delcros, qui l’a parfaitement épaulé durant 6 ans et serait peut-être demeuré son suppléant, si la loi n’avait contraint les candidats aux sénatoriales de 2014 à composer des tandems mixtes. 

Ce choix ne saurait évidemment être celui de Vincent Descoeur, qui appelle de ses vœux la candidature d’un élu « loyal, avec lequel la majorité départementale puisse travailler en toute confiance ». Et la trouve en la personne d’un fidèle d’entre les fidèles, Bruno Faure, victorieux, contre toute attente, dans le canton de Naucelles, au printemps  2015.

Voilà comment et pourquoi deux vice-présidents du Conseil départemental s’affronteront le 6 septembre prochain, avec des chances non négligeables de se retrouver face à face, si second tour il y a. Il appartiendrait alors à la gauche de départager deux candidats de centre droit. 

Michel d’Étampes.

 

Y’a plus d’amis (1): post de blog

Classé dans : Non classé — 28 août, 2015 @ 4:35
 

Député du Cantal de 1988 à 2007, Yves Coussain nous a fait l’honneur de lire avec attention notre dernier blog et d’apporter un complément d’appréciation.Voici sa réaction:

« Bizarre, cette comparaison des parlementaires cantaliens : quel est le travail pour signer une proposition de loi ou une question écrite reproduite en de multiples exemplaires ? Pas grand chose ,.. et la présence à des réunions de commissions ? Idem. Et l’important est autant la qualité que le nombre d’apparitions.. Le travail.. le travail, fichtre oui, mais du bon et vrai travail utile parce que parfois,  il vaut mieux travailler moins; ça fait moins de bêtises et ça laisse le temps à la réflexion
Il y a beaucoup d’autres critères d’ évaluation, difficilement chiffrables et plus personnels,  des parlementaires: l’écoute,la compréhension, la remontée des problèmes et attentes des citoyens et ensuite la proposition de réponses adaptées et la capacité à les faire adopter

Mais cette fin d’été me semble manquer de sérénité , et les échanges d’amabilités autour de l’élection sénatoriale manquer de hauteur « .

Y a plus d’amis

Classé dans : Non classé — 26 août, 2015 @ 8:05

1.- Le non-cumul, par qui le scandale arrive

La sénatoriale partielle consécutive  à la décision du Conseil constitutionnel, qui a frappé Pierre Jarlier d’un an d’inéligibilité, se déroulera sur fond de discordes. « Dans l’un et l’autre camp », aurait-on ajouté en d’autres temps. Mais, compte tenu de l’ampleur des déballages, le mot « clan » est nettement plus approprié.

A gauche ( si l’on peut dire) et dans ce qui reste de majorité présidentielle, c’est Jacques Mézard, sénateur du Cantal non invalidé, qui défouraille le premier. Fervent partisan du statu-quo, qui permet à un parlementaire d’exercer simultanément la présidence d’un exécutif communal, départemental ou régional, Jacques Mézard entend tordre le cou, une fois pour toutes, au « discours spécieux » sur « les vertus du non cumul, pour améliorer le travail des élus et les rendre plus novateurs ». Et il le fait savoir dans une lettre adressée aux élus de la CABA (Communauté d’agglomération du bassin d’Aurillac).

Pour mieux prouver qu’il ne ploie nullement sous sa triple charge de sénateur, président du groupe RDSE (1) et président de la CABA , il est allé piocher dans les sites « nos députés.fr » et « nos sénateurs.fr », supposés  donner une image fidèle de l’activité des parlementaires, dans tous les domaines: semainesd’activités, interventions en commission, amendements déposés et adoptés, rapports écrits, propositions de loi, questions écrites et orales.

Du cumul (!) des chiffres  ainsi recensés, il ressort qu’en dépit des responsabilités qu’il exerce par ailleurs, Jacques Mézard est – et de loin – le parlementaire cantalien le plus opérant. Si nous n’avions pas eu la flemme de pratiquer des additions à la portée d’un élève de cours élémentaire, nous aurions peut-être constaté que le président de la CABA est, à lui seul, plus agissant que tous ses petits copains réunis.Non content de développer un plaidoyer pro domo, dans l’ espoir de conserver l’agglo sans sacrifier le Sénat, ou inversement, Jacques Mézard lance une contre attaque en direction des « zélateurs du non cumul (…) souvent gourmands de cumul Parlement – Conseil départemental et régional ».

Ce que lisant, Alain Calmette, qui a repris (difficilement) possession de « son » canton aurillacois, avec pour coéquipière la radicale de gauche à laquelle il avait, un temps, abandonné son siège, possédait évidemment de bonnes raisons de se sentir visé.

L’ancien maire d’Aurillac avait, lui, choisi, comme tout un chacun, de s’octroyer quelques vacances. Il en profitait pour découvrir le dernier roman de Houellebecq, « à l’ombre d’un pin protecteur, dans les Landes », lorsqu’il a pris connaissance, par élu interposé, de la missive de son collègue et néanmoins ancien allié. Il n’a naturellement pas été insensible à la qualité « d’un exercice estival d’autopromotion brillamment exécuté et finement amené » par « un forcené du travail ». Mais il ne pouvait rester sans réaction face au « ton belliqueux et professoral du sénateur – président », qui lui paraissait faire montre « d’une incroyable vanité ».

Il a donc délaissé la lecture de Houellebecq pour dénoncer « des pratiques politiques d’une grande époque ». Celle « du député-maire ou du sénateur-président du Conseil général veillant de façon à la fois paternaliste et autoritaire sur le bien être de leurs administrés ». Pour preuve de son intime conviction, Calmette donne pour preuve le comportement de « députés cumulards » de tous bords qui, lors de la discussion de la loi NOTRe (2), « ont fait passer les égoïsmes territoriaux avant l’intérêt général ». 

Indiscutablement, il y a de l’eau dans le gaz à gauche. Mais la droite, nous le verrons bientôt, n’est pas en reste.

(1) Rassemblement démocratique et social européen, ex Gauche Démocratique.

(2) Loi portant Nouvelle organisation territoriale de la République.

 

Eclat ou le succès d’une rencontre improbable

Classé dans : Non classé — 16 août, 2015 @ 10:36

Franchement, quand Yvon Bec, alors premier adjoint au maire d’Aurillac, m’a, pour la première fois, parlé du festival de théâtre de rue, j’ai tiré la gueule. D’une part, en effet, j’étais davantage porté sur l’Agriculture que sur la Culture, de l’autre, je me méfiais des cultureux, qui voient en « populaire » un gros mot et possèdent une échelle de valeurs bien à eux. A leurs yeux, un bon spectacle est un spectacle chiant, prisé d’une élite restreinte autant qu’auto proclamée.

Mes préjugés ont fondu dès les premières minutes de ma rencontre avec Michel Crespin. Le bonhomme avait de la gueule et une gueule, mais pas seulement. Il parlait du festival comme d’une manifestation ouverte à tous, des moins lettrés aux plus cultivés. Il a, pour me convaincre, usé d’un argument massue: « dans une salle de spectacle, les gens restent même s’ils s’emmerdent, parce qu’ils ont payé. Dans la rue, chacun est libre de se tirer quand il le veut, si ça l’emmerde. Donc, les comédiens sont condamnés à conquérir leur public, sous peine d’échec ».

J’en ai conclu que les artistes de rue s’adressaient non à une intelligentsia, mais au Peuple, dans l’acception la plus extensive (donc la plus noble) du terme. Et, Rolleiflex en bandoulière, je me suis embarqué dans l’aventure avec, pour unique complice, Manuel Rispal qui, quoique payé au lance pierre, était alors l’un des piliers de l’agence de « La Montagne » à Aurillac.

Je crois bien qu’à nous deux, nous avons « couvert » la totalité du festival. C’est dire que la programmation n’était pas très fournie. Mais, selon l’expression bien connue, « à défaut de quantité…. ». Si Zingaro et son spectacle équestre (alors inconnus du grand public) ont immédiatement fait le plein aux haras, le Théâtre de l’Unité a donné son premier spectacle devant une petite dizaine de spectateurs, dont Michel Crespin, Yvon Bec, Betty Bazelle et votre serviteur.

Le bouche à oreilles avait-t-il fonctionné entre temps? Toujours est-il que la place de l’Hôtel-de-Ville était confortablement remplie pour la seconde représentation,  donnée en début de soirée. Il y avait même du monde à des spectacles relativement austères, comme ce « Tristan et Yseult » donné au milieu d’un cercle de gradins en bois, par les comédiens revêtus d’habits du Moyen-Âge. 

Scepticisme à gauche, haro à droite

Lorsque nous nous sommes retrouvés, le lendemain de la première journée, avec Manu, nous avons dressé le même constat: ce truc là avait vocation à marcher. Mais nous étions à cent lieux d’imaginer qu’il prendrait une telle ampleur, au point de devenir un événement national.  Et, surtout, nous n’étions pas nombreux à en être convaincus. Nos photos ( à commencer par celles prises en nocturne) étaient d’une qualité improbable, nos textes relevaient de l’amateurisme. Les organisateurs n’en étaient pas moins très agréablement  agréablement surpris de voir un canard régional consacrer une pleine page à « leur » festival.

La vérité oblige à dire qu’ils étaient bien les seuls à nous tresser des couronnes de laurier. L’enthousiasme de Michel Crespin, la tranquille assurance d’Yvon Bec, ne suffisaient pas à donner de l’éclat au futur  Éclat. Au sein de establishment, le mariage improbable entre une ville rurale et des chevelus cradingues ( ou, plus exactement, présumés tels), suscitaient bien plus de réserves, voire d’hostilité, que de louanges, tous bords confondus.

A gauche, on était partagé. Les uns adhéraient sans réserve, les autres étaient pour le moins sceptiques. Quoiqu’ils en aient dit par la suite, le maire d’Aurillac et  l’actuel président de l’agglo ne faisaient pas  montre d’un enthousiasme débordant. Ils consentaient, sans vraiment adhérer. A droite, le festival ne suscitait qu’ irritation ou railleries. D’aucuns levaient même  les bras au ciel, en voyant débarquer de telles « hordes ». Ils ne faisait pas bon parler du théâtre de rue, dans les couloirs du Conseil général.

Avec le temps, le ton a progressivement changé, dès lors que les commerçants, noyau dur de l’électorat conservateur, se sont mis à relever les compteurs. Et à constater que le festival contribuait à arrondir le chiffre d’affaires d’un certain nombre d’entre eux.

La qualité des spectacles, la force de persuasion de Michel Crespin, la compétence de ses successeurs ne sont évidemment pas pour rien dans la montée en charge d’une manifestation désormais érigée en institution. Mais, si le festival est devenu ce qu’il est et reste, vingt-neuf ans après sa naissance, c’est d’abord aux Aurillacois qu’il le doit. En s’appropriant la manifestation, la population locale a favorisé son enracinement. La greffe a pris alors que, tout, dans l’histoire de la ville, dans sa sociologie du moment, laissait pressentir un rejet.

Vingt-neuf ans après, il ne suffit pas de s’extasier sur la dimension nationale d’Éclat, sur les foules qu’il draine, sur les reportages dont il fait l’objet, à la télé ou à la radio comme dans la presse écrite. Il faut aussi en tirer des leçons positives pour l’avenir.

N’en déplaise aux tenants d’un fatalisme congénital, qui se répandent en messages alarmistes, le  succès pérenne du Festival donne des raisons d’espérer et d’entreprendre. Il est là pour  prouver que les Cantaliens ne sont pas des ringards et, encore moins des arriérés. Il est là pour démontrer que dans un département, une ville réputés condamnés au déclin, il est possible de réussir là où bien d’autres ont échoué. Il est là pour illustrer le rôle moteur d’une conception populaire – et non populiste – de la culture.

Une esplanade porte désormais le nom de Michel Crespin, trop tôt disparu. Pour inattendu que cela puisse paraître aux yeux de quelques uns, ce n’est que justice. 

Michel d’ Étampes.

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